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19/06/2018

Philo : correction BAC 2018...

Voici une proposition de plan détaillé pour l'un de sujets de philo du BAC ES...

***************************************

Peut-on être insensible à l’art ?

 

1) La nature sensible de notre relation à l’art… Il semble que l’art ne puisse pas nous laisser « insensibles »…

  1. a) Parce que sinon il n’est pas l’art… puisque l’on peut considérer que établir cette relation est sa fonction première (Kant). La relation « esthétique » entre l’émetteur et le récepteur de cette communication particulière rappelle étymologiquement comme l’art instaure cette relation « sensible » à l’œuvre.
  2. b) Si insensibilité, elle n’est qu’apparente… Kant encore : je peux être provisoirement insensible mais la « beauté » finira toujours par me toucher, car elle est « universelle et ne se fonde pas sur un concept ». Celui qui se dit insensible ne se sait pas sensible. Il y a ce que nous aimons et ce que nous savons pas encore que nous aimons.
  3. c) L’art est varié, prend des formes bien diverses, surtout à notre époque. On peut ne pas être sensible à un art muséifié, mais à des formes apparemment plus « mineures » qui n’a jamais été sensible à un film ? à une chanson ? On peut être insensible à certaines « oeuvres » mais il est difficile de dire que nous pouvons être insensibles à toutes formes d’art, dans une définition large… (note : le sujet ne dit pas « œuvre d’art » mais « art » !!!)

 

Liaison : Pour autant ce n’est pas une nécessité (il est donc possible de ne pas l’être)…

 

2) L’art n’est pourtant pas l’élément essentiel de cette sensibilité. On peut donc être insensible à l’art sans manquer de rien.

  1. a) Nos sens établissent d’abord avec le monde bien d’autres choses qu’une relation « esthétique ». Mes sens me permettent de communiquer avec le réel. Or, quelle est la « réalité » de l’œuvre ? Mes sens n’ont pas besoin d’art. Je peux donc être insensible à l’art ce qui ne veut pas dire que je suis insensible (sans émotions). Prosaïquement on peut dire : l’art est inutile. Une galerie praguoise affichait un jour ne vitrine : art is waste of time. Je n’ai pas envie de perdre mon temps
  2. b) Si l’art n’est que reproduction du réel, il n’est qu’une pâle copie (Platon) et ne mérite pas une relation particulière. L’art, de toute façon, ne s’aborde pas de manière sensible. L’art s’impose quand il est beau, et que ce beau nous mène vers le bien et le vrai. Il est un moyen d’accéder au monde des idées pures et à la vérité. On peut donc être insensible mais accorder à l’art toute sa place.
  3. c) Certaines formes d’art peuvent nous laisser insensibles. L’art contemporain suscite souvent le rejet chez un public non initié (exemples nombreux…). Si une initiation est nécessaire, est-ce encore de la sensibilité ? L’art moderne (depuis Duchamp) a rompu cette relation sensible pour la remplacer souvent par une relation plus intellectuelle. Pas d’émotion, de la réflexion. Doit-on considérer les œuvres conceptuelles comme un appel à une nouvelle « sensibilité » ? Dialogue Eluard-Braque : « J’aime la règle qui corrige l’émotion » « J’aime l’émotion qui corrige la règle ».

 

Liaison : l’art ferait-il appel à une autre forme de sensibilité ?

 

3) L’art invente à tout moment de nouvelles formes de sensibilité.

 

  1. a) Le sensible a une histoire, que reflète l’art… La diversité des formes d’art dans les diverses époques et les diverses cultures nous interpelle. Chacune ce des ces « volontés d’une forme » (définition de l’art par Clive Bell) renvoie à la sensibilité d’une époque et d’un groupe humain. On peut ne pas être sensible à des formes qui nous sont « étrangères » mais tous les humains possèdent cette possibilité de sensibilité, au-delà de leur diversité. Voir par exemple « Six names of beauty » de Saltwell, qui interroge les mots qui disent la beauté dans diverses langues (donc cultures). Chaque groupe humain invente à chaque époque une forme de sensibilité qui parle de cette culture et parle d cette époque. Il y a dans cette perspective une histoire de l’art qui est une histoire de la sensibilité, et notamment une « Histoire du regard ».
  2. b) On ne peut donc pas être insensible à l’art parce que l’on est nécessairement dans une histoire cette que cette histoire (humaine) a toujours été accompagnée par des formes artistiques (au-delà du débat/clivage entre artiste et artisan). L’homme est un animal qui crée, qui a la possibilité d’un langage symbolique. Voir les peintures rupestres (Lascaux, Chovet, Cosquer…) comme le « début » de cette sensibilité qui est depuis réinventée à tout moment…
  3. c) Vivre sans art… ? On peut vivre sans art mais « pas si bien » (jankelevitch)… L’art est une sensibilité qui vient s’ajouter à notre sensibilité… Cela ne constitue pas une morale (les nazis aimaient beaucoup la musique) mais peut nous apporter une autre relation au réel qui intensifie notre conscience et nous aide à appréhender les grandes questions qui nous obsèdent. Cette « sensibilité » artistique ne fait pas de nous des hommes « bons » mais peut élargir notre champ d’investigation du réel et nous conduire non pas au « vrai en soi » platonicien mais à notre vérité individuelle…

09/05/2017

Philosophie : la politique est-elle l'affaire de tous ?

Proposition de correction pour le sujet du bac blanc.

La politique est-elle l'affaire de tous ?

Intro :
Les critiques de la politique ne manquent pas. La principale est souvent fondée sur une critique des "politiciens" qui seuls seraient en charge de notre vie commune. Les exemples sont nombreux de leurs faillites, pratiques ou éthiques...
Faut il pour autant renoncer à cet idéal : une politique faite par tous ?
Peut on concilier les exigences individuelles et le bien collectif ?
Si la politique est dans son fondement même l'affaire de tous, elle se heurte bien en effet très souvent à une réalité où ce pouvoir se trouve confisqué par quelques uns.
Il faut pourtant ne pas abdiquer cet idéal au risque d abdiquer avec la politique elle même, et donc avec la possibilité de "vivre ensemble".

 I) La politique est par définition l' affaire de tous.
1) Tous concernés. La politique c'est "Vivre ensemble", donc tout le monde est concerné, car nous ne vivons pas seuls (société, échanges).
2) Des valeurs communes. République : chose commune... Exemple de valeurs : liberté, égalité, fraternité. Justice. Pour tous.
3) Le pouvoir du peuple. Démocratie : pouvoir du peuple, de tous. Suffrage universel.
Même si le peuple n'a pas "toujours raison" (critique de la démocratie : Tocqueville).

II) Politique , affaire de l État ou d'une partie de "tous"

1) La politique, c'est l État.
Affaire de l Etat, l'instance, l'institution politique par excellence. Tout le monde n est pas l'état. Gestion de la cité.
Compétences. Tout le monde ne "peut" pas. 
2) La politique confisquée.
Politique affaire des politiciens... Les sophistes. Le pouvoir de la parole.
Ou de quelques uns : oligarchie, tyrannie. Politique conçue comme prise de pouvoir.
Ou des seuls philosophes ? ( Platon)
3) La politique délaissée.
Politique : tout le monde ne s y intéresse pas. Abstentions...

III) La politique doit être l'affaire de tous.

1) Seule la politique pour tous est une vraie  politique. 
Si ce n est pas l'affaire de tous ce n'est pas la politique mais une confiscation du pouvoir. Ou doit on se résoudre à une lutte des classes (Marx) ? 
2) Le contrat social concerne tout le monde.
Le contrat permet de déléguer (Hobbes, Rousseau) le pouvoir. 
De l individu (intérêts particuliers) au collectif (bien commun)
3) De nouvelles formes de participation?
Les réseaux sociaux ... L opinion publique (malgré ses excès ?). 

Conclusion :
Ne peut pas être faite par tous, mais tout le monde peut s'y impliquer.

La politique ne peut pas être faite PAR tous mais elle peut être faite POUR tous.
Militons ! Utopie ?  Ne désespérons pas de ce "geste imparfait" (Macron)...

 

12/12/2016

Philo express : l'art est-il utile ?

L'art n'est pas utile. A la différence de l'artisanat avec lequel il partage des techniques ( les "règles de l'art"), mais pas les mêmes fonctions. On a besoin d'un maçon, pas d'un sculpteur. C'est cette même inutilité qui peut le définir et opérer cette distinction artisan/artiste instaurée au fil des siècles en Occident.

Si on donne à l'art la fonction de faire du beau, il n'est pas plus utile. Le beau est superflu, , superfétatoire, inutile. D'autant que l'utile est universel et le beau souvent relatif, notamment aux cultures et aux époques. Et les mots qui le disent désignent des concepts parfois assez différents (cf Sartwell).

Pourtant l'art est là, et dure, et persiste... Aurait-il cette pérennité, cette "histoire", s'il était vraiment inutile ? Il n'a pas de fonction unique définie mais il répond à une demande humaine insistante, une interrogation sur sa condition et sa relation au monde. Rien de plus utile que ce superflu... L'homme prend conscience de son humanité et se contemple en contemplant l'oeuvre (Hegel). Il n'est pas seulement un morceau de glaise. De plus l'art peut être engagé, et son utilité est alors politique, sociale.

Quant au beau pur et désintéressé, il peut sembler inutile, mais les hommes peuvent néanmoins se rassembler autour de certains chefs-d'œuvre qui peuvent répondre à la définition de Kant comme étant ce qui plait "universellement et sans concept".

L'art est utile car c'est peut-être la seule chose qui nous reste face à l'énigme de la mort : "Nous n'avons qu'une ressource avec la mort: faire de l'art avant elle" (R. Char)

02/10/2015

Philosophie Minuscule

Le prof invente le concept de Philosophie Minuscule...

Le premier manifeste est en ligne ICI !!!

11/04/2015

Term ES Philo : Important !

Cliquez dans la colonne de droite sur Term ES...

Cherchez dans les notes les corrections en plans détaillés sur les sujets suivants :

Suffit-il d'avoir le choix pour être libre ?

Peut-il y avoir liberté sans loi ?

 

 A lire de près, en tant que cours sur la liberté, le droit, et comme exemples pour la méthodo de la dissert.

16/06/2014

Correction Bac philo ES 2014

Suffit-il d'avoir le choix pour être libre ?

 Intro 

On pourrait définir brutalement la liberté en disant « c’est faire ce que je veux ». Cette volonté qui n’est rien en soi, ou dont les fondements restent difficiles à  déterminer, s’exprime concrètement et quotidiennement par des possibilités diverses devant lesquelles je dois faire un choix. Ces choix sont donc la matérialisation de ma liberté. Suffisent-ils pour autant à me prétendre libre ? Ces choix eux-mêmes, leur nature, leurs limites, ne sont-ils pas soumis à des déterminismes qui en limitent la capacité à être des vecteurs de notre liberté ?  Certes, être libre c’est pouvoir choisir. Mais avons-nous la liberté de nos choix ?  Après avoir réaffirmé notre liberté de choisir, nous nous demanderons si cette liberté n’est pas une illusion et verrons que la véritable liberté consiste à pouvoir choisir nos choix.

 I) Etre libre, c’est avoir le choix. La liberté peut en effet se définir par la possibilité de choisir.

 1) Une vie sans choix est une vie aliénée. Ce que je ne choisis pas ne relève pas de ma liberté mais des besoins (physiologiques par exemple : je ne choisis pas de devoir manger), des contingences c’est à dire de ce dont je ne suis pas maître, des « aléas ». Pour être libre il faut en effet avoir le choix. L’esclave ne choisit pas sa condition. Certes, le maître dépend aussi de l’esclave (dialectique hegelienne) mais la liberté du maître reste préférable à celle de son sujet. Il garde le choix de devenir esclave. Pour supprimer la liberté, la prison ne laisse pas de choix au prisonnier.

 2) Certes tout ne dépend pas de nous , et nous ne sommes jamais absolument libres … mais il y a aussi « ce qui dépend de nous ». La morale stoïcienne est fondée sur cette distinction d’Epictète qui nous incite à ne pas s’attrister de ce que ne nous ne choisissons pas mais plutôt de s’appliquer à faire les bons choix quand nous le pouvons. C’est la mesure de notre liberté. Ne pas avoir tous les choix (je ne peux pas choisir d’être grand si je suis petit) ce n’est pas ne pas être libre.

 3) Exister c’est choisir, et à chaque moment je dois faire des choix qui m’engagent et engagent autrui. Cette liberté « existentielle », après que suis projeté dans l’existence (le « Dasein » de Heidegger) est selon Sartre ce qui définit l’homme qui est constamment « condamné à être libre » (L’existentialisme est un humanisme) ? La formule oxymorique montre bien la complexité de cette « liberté » qui est aussi une condamnation car je n’ai pas d’autre choix … que faire des choix... et donc en prendre la responsabilité.

 Transition : si être libre c’est bien faire des choix, ces choix eux-mêmes se trouvent confrontés à la question de la liberté. Il ne suffit pas d’avoir le choix pour être libre si je ne suis pas libre de ces choix.

 

II) Quelles sont les raisons de mes choix ? Ceux-ci dépendent-ils de moi ?

 1) Mes choix sont limités  :

L’homme n’est pas naturellement libre. Il ne choisit pas son lieu de naissance, l’endroit où il grandit, et toutes les influences qui le façonnent.  La liberté se décline en liberté de penser, de vouloir, d’agir : ai-je le choix de penser en dehors de mon histoire personnelle et en dehors de ma culture ? Ai-je le choix de parler si je ne maîtrise pas la langue qui devient instrument de pouvoir donc d’aliénation ? Choisir un comportement c’est exprimer plus ou moins une morale (conduite de soi), cette morale est-elle choisie ou est-elle reçue ? Le désir par exemple me « dicte » souvent sa loi et je crois choisir quand c’est le besoin désirant qui choisit et m’aliène.

 2) Qui choisit mes choix ?

La société (notamment marchande, celle des échanges commerciaux) nous propose des choix qui ne nous libèrent pas. Ai-je le choix d’avoir de l’argent ? Et suffit-il d’avoir le choix que procure l’argent pour me prétendre libre ? Suis-je libre en choisissant une marque de vêtement plutôt qu’une autre ? Plus de chaines à la télé renforce-t-il ma liberté ? Il ne suffit pas d’avoir « certains » choix pour être libre. Je crois choisir quand je ne fais qu’adhérer à un conditionnement. Le plus souvent mes choix sont ceux d’un groupe, d’une classe, d’un socio-style, d’une communauté… C’est le choix des autres…

 3) Nous n’avons pas le choix.

Nous sommes mortels. Le seul choix est celui de vouloir rester en vie. « Il n’y a qu’un problème philosophique vraiment sérieux : c’est le suicide » (Camus, Le mythe de Sysiphe). « To be or not to be » dit Hamlet dans son célèbre monologue. Ce choix le faisons-nous vraiment librement ou relève-t-il du besoin de « se conserver en vie », pulsion de vie, instinct de conservation ? 

Le choix est une illusion : nous sommes intégrés dans une succession sans fin de causes et d’effets qui « agissent » sur nous et nous « déterminent » (théories du déterminisme).

 Transition : faut-il alors accepter de n’avoir pas le choix et se résigner à une illusion de liberté ou s’engager dans un processus de « libération » grâce auquel nous « choisirons nos choix »  ?

 III) La liberté  c’est choisir nos choix.

 1) La liberté de ne plus choisir ?

Certaines philosophies orientales prônent une forme de détachement et un « lâcher-prise » face à ce déterminisme universel. Accepter de jouer le rôle que nous n’avons pas choisi.  Ce déterminisme n’est pourtant pas nécessairement un fatalisme. Il est là aussi l’expression d’une volonté, celle de ne pas « résister » à ce qui nous dépasse mais de le faire dans un désir de partage et compassion avec toute l’humanité. 

 2)  Nous ne choisissons pas tous nos choix, mais nous gardons la liberté de choisir.

Pour Spinoza (L’éthique)  le « conatus » n’est pas seulement une pulsion de vie qui pousse chaque chose à « perséverer dans son être ». C’est un processus dynamique qui peut s’exprimer différemment selon chaque individu et le pousser par exemple vers la tristesse ou la joie.

Ne sachant s’il faut pleurer sa femme Badebec morte ou se réjouir de la naissance de son fils Pantagruel, Gargantua choisit de rire et de festoyer. Rabelais fait le choix d’écrire « de rires plutôt que de larmes ». Spinoza dit « Bien faire et se tenir en joie ».

 2) Le choix de la connaissance et de l’autonomie :

Nous gardons le choix d’être plus ou moins conscient, de connaître plus ou moins bien les raisons de nos choix. Ma liberté s’exprime par mon désir de connaissance. J’ai le choix d’essayer de me connaître moi-même, de mieux connaître les causes. Il s’agit alors de s’engager dans un processus d’autonomie, d’augmenter notre capacité à choisir « par soi-même » et « en connaissance de cause ».

Le principe d’autonomie chez Kant : c’est seulement lorsque l’individu s’impose à lui-même une loi qu’il agit moralement. En outre, il réalise ainsi sa liberté, qui ne peut se réaliser dans le vide, mais seulement par “l’intermédiaire de la loi”. Cette loi choisie dicte mes choix et me libère car elle est l’expression concrète de ma volonté.

 Conclusion : pour être libre il faut le devenir, en se réappropriant nos choix. Il ne suffit pas « d’avoir » le choix, mais il faut « être » ce choix…

Yves Gerbal, professeur au lycée Saint-Joseph les Maristes à Marseille.

 

 

 

 

12/11/2013

Philo : correction DM

I)              Par  sa capacité langagière, l’homme affirme une part de sa liberté :

 

 

1)    Liberté d’être un humain.  Par le langage je me distingue (et me libère) de l’animal et affirme ma condition d’être humain….

 

2)    Liberté d’être un être  de culture. Le langage libère l’homme en fondant une culture qui lui permet de s’arracher à la simple nature (qui peut être perçue comme une aliénation).

 

3)    Liberté de penser. « C’est dans les mots que nous pensons » (Hegel) et par cette pensée je peux me penser libre…

 

 

II)            Le langage est une liberté sous conditions : 

 

1)    Les contraintes du langage. Soumis à des règles, à l’arbitraire des signes, le langage impose ses lois et (dé)limite ma pensée et mon expression, limite « mon propre monde » (Wittgenstein). Le langage est une prison dorée…

 

2)    Les conditionnements du langage. Le langage opère dans un environnement socio-culturel qui me conditionne et  le conditionne. Cette liberté de langage reste donc sous contrôle de mon milieu et de mon inconscient (Laborit).

 

3)    L’impuissance du langage. La liberté qu’affirme mon aptitude au langage ne suffit pas à me libérer. Je reste soumis à ma condition et ce langage se révèle impuissant à dire « l’ineffable » qui parfois me tourmente et m’enchaîne…

 

III)          Par ma parole je m’affirme :

 

1)    La parole est la dimension individuelle du langage. En disant « Je », j’affirme cette individualité, je deviens « une personne…un être tout distinct » (Kant) et je me libère par cette capacité qui n’est autre que « l’entendement » (Kant).

 

2)    Par ma parole j’affirme mon pouvoir ou ma revendication de liberté. Vouloir confisquer la liberté d’un individu c’est toujours vouloir l’empêcher de parler. L’existence même de ta censure, quelle que soit sa nature, prouve que la parole est affirmation de liberté.

 

3)    La parole est le lieu de tous les possibles, de toutes les imaginations. La parole est ma manière de réinventer le langage. J’affirme alors ma liberté de  jouer avec les règles de ce jeu langagier. La parole poétique (créatrice) me libère de ma condition : « Contre le silence et le vacarme, j’invente la parole, liberté qui s’invente elle-même et m’invente chaque jour » (O.Paz).

 

09/09/2013

Term ES2 : précisions sur le DM

Quelques précisions pour le DM à rendre lundi prochain.


Vous devez proposer un plan (pas un devoir rédigé !) en trois parties dont chacune comportera si possible trois sous-parties.


Chaque partie du plan sera présentée sous la forme d'une ou deux "phrases-titres", interrogatives ou non.


Idem pour les sous-parties qui devront dans la mesure du possible proposer aussi un exemple ou une référence philosophique.


 Pour les références vous pouvez exploiter le dossier que je vous ai remis qui "synthétise" la pensée de certains philosophes sur cette question du "hasard"... Utilisez ce que vous comprenez le mieux !


DONC :


1) Construisez d 'abord le plan dans ses grandes parties (pensez notamment à ce qui a été dit en classe) en n'oubliant pas que l'on doit comprendre comment l'on passe d'une partie à l'autre. A ce stade-là, pensez tout seul ! Ne cherchez pas à "caser" une idée...


2) Cherchez vos arguments (sous-parties) en vous aidant des références philo... en vous assurant que ce que vous dites illustre l'idée directrice de chaque partie...


3) Recopiez tout cela "au propre" et lisiblement. Ce sera ramassé et noté...


Faites quels que soient vos moyens mais faites !!  Cette première approche de la méthode de la dissert ne doit pas vous effrayer ! La dissert non plus, c'est pas un gros mot !! ;-)



Comme "exemple " de ce qu on appelle un plan détaillé vous pouvez regarder CI-DESSOUS la correction d un sujet du BAC 2013 série ES ... C est cette forme que devra prendre votre devoir.

20/10/2012

Term ES : correction test "langage"

Ci-dessous une correction de la question 4 du test, rédigée comme une "mini-dissertation"...

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Dans quelle mesure peut-on dire qu’une langue fonde une culture ?

 Une langue n’est ni le langage ni la parole.  Le langage est la capacité humaine à utiliser des systèmes de signes codés, et en particulier les mots. La parole est la dimension individuelle du langage verbal. Une langue définit une communauté linguistique en reunissant ceux qui l’utilisent.  Cette communauté peut être très réduite  ou beaucoup plus étendue.  Dans sa définition sociologique, une culture est l’ensemble des usages et coutumes partagés par une communauté humaine.  La langue de cette communauté joue évidemment un grand rôle dans cette culture dans la mesure où elle en est le principal vecteur identitaire.  

 

En décidant au XVIème siècle que tous ses sujets parleraient « la langue du roi », François 1er a  véritablement fondé la culture française à l’intérieur d’un ensemble culturel qui était jusque-là plutôt européen. Cette langue va aussi devenir le vecteur principal de cette culture à travers les œuvres littéraires qui en feront usage.

 Les revendications et affirmations régionalistes passent la plupart du temps par l’usage d’une langue qui reste le principal moyen de « reconnaissance » et d’authenticité. C’est le cas par exemple du Catalan en Espagne, du Corse en France… 

 Cette culture ne correspond pas toujours à une aire géographique déterminée et n’est pas forcément  en usage quotidiennement. La langue « yiddish » reste par exemple associée à  la culture juive bien qu’en voie de disparition.

 La langue est donc un élément essentiel dans la fondation d’une culture.  Le langage parlé par une communauté donnée n’est pas seulement un outil. La langue est un certain reflet du monde et d’un mode de vie. Les esquimaux ont des centaines de mots pour dire l’état de la neige, les gauchos argentins des dizaines pour désigner la robe des chevaux…

 

 Cependant une langue ne suffit pas à fonder une culture. Tous ceux qui parlent anglais aujourd’hui pour des raisons pratiques et de communication internationale n’appartiennent pas  à la culture anglo-saxonne. Cette langue là n’est qu’un outil.

 Par ma langue je dis une part essentielle de ce que je suis, mais en même temps cette langue peut m’enfermer dans une identité qui limite mon rapport aux autres. La diversité babelienne des langues dans le monde  est souvent une cause d’incompréhension.

 Mais les tentatives d’imaginer une langue vraiment universelle (l’espéranto, créée par Ludwik Zamenhof en 1880) se sont toujours heurtées à cette barrière culturelle. Une langue, c’est aussi une histoire, des traditions, des œuvres.  Il est pour chacun très difficile d’y renoncer.  

 

Parler la même langue suffirait-il, d’ailleurs, à fonder une culture universelle ?  Cette culture existe déjà en soi, c’est la culture humaine et sa capacité langagière, et c’est sur cette commune condition que nous devrions fonder sinon une entente cordiale au moins un impératif comme celui par lequel Albert Cohen termine son récit autobiographique « O vous, frères humains » : « ne vous haïssez pas en votre mort prochaine ».

19/09/2012

Pour les Term ES...

Quelques précisions pour le DM à rendre mardi prochain.

Vous devez proposer un plan (pas un devoir rédigé !) en trois parties dont chacune comportera si possible trois sous-parties.

Chaque partie du plan sera présentée sous la forme d'une ou deux "phrases-titres", interrogatives ou non.

Idem pour les sous-parties qui devront dans la mesure du possible proposer aussi un exemple ou une référence philosophique.

 Pour les références vous pouvez exploiter le dossier que je vous ai remis qui "synthétise" la pensée de certains philosophes sur cette question du "hasard"... Utilisez ce que vous comprenez le mieux !

DONC :

1) Construisez d 'abord le plan dans ses grandes parties (pensez notamment à ce qui a été dit en classe) en n'oubliant pas que l'on doit comprendre comment l'on passe d'une partie à l'autre. A ce stade-là, pensez tout seul ! Ne cherchez pas à "caser" une idée...

2) Cherchez vos arguments (sous-parties) en vous aidant des références philo... en vous assurant que ce que vous dites illustre l'idée directrice de chaque partie...

3) Recopiez tout cela "au propre" et lisiblement. Ce sera ramassé et noté...

Faites quels que soient vos moyens mais faites !!  Cette première approche de la méthode de la dissert ne doit pas vous effrayer ! La dissert non plus, c'est pas un gros mot !! ;-)

A mardi prochain !

PS : les deux élèves qui n'ont pas commenté le "slogan philo" devront écrire quelques lignes d'explication sur les quatre phrases en bleu qui se trouvent après la citation. Impératif.