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29/09/2021

La connaissance de soi : éléments de philosophie

Mots, concepts, questions : quelques clés... 

Connaissance : qu'est-ce que connaître ? Limites de cette connaissance, nature de cette connaissance.

Moi, soi, autrui : dans quelle mesure autrui permet de me connaître ? De quelle manière ? 

Conscience : grandeur et misère de l'homme ... mais aussi inconscience ? Alors que connaissons-nous vraiment de nous même ?

Freud : conscience/inconscience, un univers psychique (de "psyché" âme) composé d'un MOI/SURMOI/ça.

"Le moi n'est pas maître dans sa propre maison" (quelle liberté ?)

Pensée : consciente "Je pense, je suis" (cf Descartes).

La conscience de soi, socle de toute connaissance.

 

 

 

21/09/2021

Test lecture docs

TEST DE LECTURE

Attention, aucune réponse ne devra dépasser 10 lignes. 

Devoir écrit parfaitement ou tapuscrit.

2 points enlevés à partir de 5 fautes d 'orthographe.

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Je cours donc je suis.

1) Que peut apprendre sur soi un sport comme la course à pied en milieu naturel ? 2pts

2) Quels sont les trois philosophes et/ou écrivains auxquels l'article fait directement référence  ? 1pt

3) A quelle citation philosophique célèbre le titre fait-il référence ? 1pt

Les Essais

1) Comme peut-on définir le genre des Essais tel que le pratiqua Montaigne ?   3 pts

2) Quels sont les derniers mots de la préface ? 3 pts

3) Quels rapports les philosophes sceptiques  ont-ils avec la connaissance ? 3pts

4) Comment Montaigne parvient-il à peindre la complexité de l'esprit humain ? 3pts

Extraits 2 textes

1) Comment expliquer la citation de Marc-Aurèle " Je serai content de tout ce qui arrive".  4pts

2) Quels sont les mots de Nietzsche qui peuvent être rapprochés de cette citation (ci-dessus) ? 4 pts

Rêveries

1) Quelle fonction Rousseau confère-t-il à ses Rêveries ? 4 pts

2) De quelle manière se compare-t-il à Montaigne ? 4 pts

3) Expliquez " Il n'y a là rien de solide". 4 pts

4) Quelle "jouissance" trouve-t-il dans ses rêveries solitaires ?  4 pts

03/02/2021

HLP. Histoire et violence

Cours introductif

De quelle violence s'agit-il ? D'une violence liée à un événement collectif, ou qui concerne une collectivité... même si cette violence est subie de manière individuelle...

La littérature est chaque fois l'expression d'une voix unique ("à hauteur d'homme"), particulière, mais cette voix (celle de l'auteur) peut être le porte-parole d'un groupe. 

Attention au cas particulier du "roman historique" !

La littérature aborde souvent aussi le thème de la mémoire (historique, en lien avec l'individu et son peuple par exemple) et du temps.

Quelles limites dans cette violence et quelles limites pour la littérature à dire "l'innommable", l'horreur ?

Comment dire la douleur (déjà vue avec Le lambeau) ? La sienne (peut-on la partager?), celle des autres (peut-on la comprendre?). 

La solution choisie est souvent celle du "témoignage" (qui est aussi une épreuve, un acte de "vigilance inquiète"). Peut-on en faire de la littérature" ? Quels procédés ? Est-ce que cela nuit à la vérité historique ?

Un constat : la violence associée à l'histoire des humains... le XXème siècle par exemple... qui n'est pas pour autant le siècle le plus "violent" de l'histoire (comment le mesurer ?)...

Si la violence semble irréductible, l'Histoire, elle, ne se réduit pas à cette violence.

Le problème est souvent lié au fait que l'Histoire en tant que "récit" est balisée par des épisodes violents (guerres, conflits en tous genres...). Les gens heureux... n'ont pas d'histoires...

Cette violence est-elle naturelle (inscrite dans le patrimoine humain) ? 

La violence est-elle toujours mauvaise, illégitime, condamnable ?

La violence peut-elle être au service du bien ?

Cette violence est-elle la preuve que l'Histoire n'a pas de "sens" (signification et direction) ? La violence est-elle potentiellement porteuse d'une amélioration possible ? 

Au XXème siècle, certains penseurs et écrivains ses sont interrogés sur la possibilité de poursuivre leur art après des épisodes aussi tragiques de l'Histoire (Steiner) ? L'art est-il impuissant face à cette violence ?

Et, inversement : "La Beauté sauvera le monde" (Dostoeivsky). Cf aussi Catherine Meurisse et le syndrome de Stendhal.

 

 

 

 

 

08/12/2020

HLP Utopie et dystopie...

Le mot UTOPIE apparait au XVIème siècle dans une oeuvre éponyme de Thomas More (Angleterre), en 1516.

Etymologie : U-TOPOS en grec NON-LIEU autrement dit le « lieu qui n'existe pas ».

Thomas More a en quelque sorte inventé un nouveau genre littéraire qui a pour fonction d'imaginer une cité idéale...

Précurseur : Platon et le mythe de l'Atlantide.

Ce projet est jugé comme subversif à une époque où le pouvoir théologico-politique est absolu.

L'utopie peut être perçue comme un récit "évasion", divertissement... mais on ne peut s'empêcher d'y voir les ferments d'une volonté de changement de société, et souvent aussi une critique de la société du moment..

Autre exemple d'Utopie au XVIème siècle : les derniers chapitres de Gargantua (Rabelais)... où on décrit l'abbaye de Thélème (libre volonté).

Au XVIII ème, dans Candide, Voltaire imagine un pays appelé Eldorado.

Au XVII ème Cyrano de Bergerac imagine Les empires de la lune et du soleil et invente en même temps, d’une certaine manière, la « science-fiction ».

Une utopie c'est en quelque sorte un "paradis terrestre" imaginaire...
Autres exemples en littérature européenne : SWIFT Les voyages de Gulliver, Campanella La cité du soleil.

Au XIX les socialistes utopistes Owen (anglais) et Fourier imaginent à leur tour des cités idéales, souvent "égalitaires" (les phalanstères de Fourier).

Les utopies commencent à devenir des réalités, au moins expérimentales... Vie communautaireetc...

Au XXème siècle : les utopies deviennent réalité "grandeur nature" dans les pays communistes qui très vite s'avèrent des enfers, des dictatures.

Les "dystopies" vont montrer le caractère invivable de ces utopies réelles... 

Le premier : ZAMIATINE Nous autres (1924)

Après : Huxley (Le meilleur des mondes 1932, titre original : Brave New World) et Orwell (« 1984 » publié  en 1949)

Chez Huxley apparait une autre "menace" qui débouche sur la contre-utopie : les progrès de la science et des techniques.

Ces contre-utopies sont aussi des romans d'anticipation ou parfois de science-fiction...

Voir aussi Farenheit 451 (où on brûle les livres) de Ray Bradbury en 1953.

Barjavel en 1943 dans Ravage imagine la société post apocalyptique...

Le cinéma va également s’intéresser de plus en plus aux conséquences possibles du progrès technique pour imaginer diverses fictions qui sont aussi des anticipations : Bienvenue à Gattaca, Blade Runner, Terminator, Soleil vert, A-I, Matrix...

La science-fiction (dont Jules Vernes peut être le véritable initiateur) devient un genre à part entière qui acquiert ses lettres de noblesse littéraire. Le genre est souvent aussi une anticipation puisqu’il situe ses fictions dans un futur plus ou moins lointain...

Ce sont les progrès de la science et une conception du « progrès » qui incitent les écrivains à parcourir ce nouveau champ d’expérimentation.

Doit-on pour autant y voir l’écriture de notre avenir ? Telle est la question...

 

 

 

30/09/2020

HLP. 30 septembre. Devoir en classe.

Pensez-vous que la littérature est un moyen de mieux se connaître ?

 

"Connais-toi toi même". Cette célèbre formule était gravée au fronton du temple apollinien de Delphes dans l'Antiquité grecque. Socrate reprend cette injonction pour inciter chacun à  "accoucher" après un travail (le dialogue socratique) qui était l'essence même de sa pratique philosophique. Ainsi, dès son origine, la philosophie se donne pour objectif cette "con-naissance" de soi. En est-il de même pour la littérature ? Récit fictif et travail sur le langage, l'art verbal qu'est la littérature semble moins attachée à cette fonction. Elle est pourtant bien un moyen de partir en quête de ce "moi" qui nous échappe toujours et nous gouverne pourtant. 

 

 

  La plupart des amateurs de littérature, en particulier lecteurs(trices) de romans ou de nouvelles, prétendent lire pour "s'évader". C'est en tout cas la réponse la plus fréquente que  font notamment les adolescent(e)s. Une grande partie de la littérature propose en effet des récits qui nous transportent ailleurs ou dans une autre époque. Qui n'a pas été emporté par des récits d'aventures, des romans historiques, des sagas légendaires ou mythologiques ? "L'Iliade" et "L'Odyssée", premiers grands textes de la culture européenne, sont de vastes récits épiques, lyriques, tragiques, dans lesquels on suit des personnages, héros ou dieux, bien éloignés de nous. Depuis ces deux  récits originels, matriciels, tout un pan de la littérature a perpétué cette lignée de textes "évasion". Les romantiques eux-mêmes, pourtant centrés sur leur "moi" et l'exigence de son expression, nous ont fait voyager dans d'autres paysages (l'Amérique dans Atala), d'autres époques (le XVIème siècle florentin et espagnol dans  Lorenzaccio et Hernani), ou des situations amoureuses peu ordinaires (les deux romans épistolaires de Rousseau et Goethe : La nouvelle Héloïse, Les souffrances du jeune Werther). L'essence de la littérature ne semblerait donc pas répondre fondamentalement à cette volonté de "connaissance de soi".

  Peut-on pour autant faire de  la littérature un de ces "divertissements" dont parle Pascal pour définir toutes les pratiques humaines qui l'éloignent de lui-même et de la conscience de sa condition de mortel ? Ce serait faire de la littérature une simple échappatoire et négliger sa façon de nous ramener au contraire à notre condition humaine. Si l'on peut admettre que certains récits notamment relèvent du pur divertissement, il faut alors ne pas les inclure dans l'art littéraire. Dans une librairie, il y a beaucoup de livres, et parfois peu de littérature... 

 

 

   A cette littérature "évasion" l'écrivain et dramaturge Jean Cocteau avait coutume d'opposer ce qu'il nommait une littérature "invasion". La littérature, même si  elle ne parle pas directement de nous, a en effet cette capacité à nous "envahir" d'une manière ou d'une autre : trouble, émotion, interrogation... Et  cette invasion est une expérience qui peut aussi atteindre le "moi" par une variété d'impressions. Ces "impressions", parce qu'elles ne  sont pas constantes ni invariables, le philosophe David  Hume prétend dans  son Traité de la nature humaine qu'elles ne peuvent pas faire naître l'idée du "moi". Pourtant il y en bien "en moi" quelque chose que la littérature peut bouleverser. Il y a des vies que la littérature a transformées pour toujours. Nous ne sommes plus tout à fait les mêmes après avoir découvert le sentiment de l'absurde chez Beckett ou Camus. Et que cela se fasse par le truchement d'une fiction et de personnages ne change rien à cette aptitude de la littérature à pouvoir nous remettre en question, à questionner notre "moi", même s'il reste toujours en partie insaisissable. Le théâtre grec de l'Antiquité opérait déjà cette fonction cathartique par laquelle le spectateur vivait par procuration des expériences tragiques  qui le renvoyaient  à sa condition d'homme. C'était bien, dans le cadre de cette société polythéiste, une "connaissance".

  Dans le champ très général de cette littérature, peut-être doit-on alors repérer des genres et des courants qui participent plus que d'autres à cette "connaissance". L'autobiographie est souvent motivée par la volonté de mieux se connaître. C'est ainsi par exemple que Montaigne présente le projet de ses Essais auXVIème siècle, Rousseau celui de ses Confessions au XVIIème, ou Michel Leiris son oeuvre L'âge d'homme au XXème siècle. Mais par un effet "miroir"  le lecteur de ces constructions autobiographiques se retrouve souvent dans la sensibilité de l'autobiographe et l'expression de son "moi" rejoint celle de l'auteur. Peu importe l'époque. Le témoignage d'une vie d'homme transcende l'écart historique et les fervents lecteurs de Montaigne, par exemple, le présentent souvent comme un "ami", voire un "frère", comme le rappelaient encore récemment les penseurs André Comte-Sponville ou Michel Onfray qui n'ont jamais cessé de lire et relire les Essais, œuvre inclassable que l’on retrouve aussi bien dans les anthologies littéraires que dans la bibliothèque des philosophes.

  La poésie, parce qu'elle est souvent l'expression directe d'un "moi", peut aussi proposer ce "miroir" dans lequel nous pouvons nous reconnaître. Hugo le formule clairement dans sa préface  des Contemplations : « prenez donc ce miroir et regardez vous y », "quand je parle de moi je vous parle de vous". Le romantisme, plus particulièrement attaché à l'expression de sentiments personnels, a donné à la littérature cet ancrage sur le "moi" qui n'exclut pas le lecteur mais au contraire lui tend, là encore, un reflet dans lequel il peut deviner, sinon la réalité, au moins un reflet de sa sensibilité. 

 

 

Il faudrait, bien sûr, pour complêter  cette brève analyse, voir plus précisément quelle est la nature de cette connaissance, quelles sont les limites de cette expérience que constitue la lecture de la littérature. Il faudrait aussi envisager cette connaissance du point de vue de l'auteur. Dans son dernier roman intitulé Yoga, l'écrivain Emmanuel Carrère exprime parfois une sorte de désenchantement à se voir toujours obsédé par le besoin de mettre des mots sur ses expériences de vie. Il reprend la citation désabusée du Hamlet de Shakespeare : « Words, words, words ». Oui, on peut douter de la littérature. Elle n'est pas une fin en soi. Mais comment pourrait-on quitter ce continent où tant d'hommes et de femmes ont partagé des bribes de vie qui nous aident à voyager vers cet autre continent : le "moi".

 

 

 

 

 

16/09/2020

HLP Semaines 3 et 4

Les expressions de la sensibilité

 

La sensibilité romantique 

Ce qui est neuf, c'est la revendication d'un bonheur individuel...

Destin historique et aventure individuelle : l'épopée napoléonienne (transition avec le 19ème siècle).

La "Restauration" (retour de la Monarchie) : rien ne change ?

Quoi de neuf pour la jeune génération de ce début de siècle ?

Que faire face à ce "mal du siècle" ? Les romantiques font faire du "moi" la résistance à une fatalité historique et sociale. Ce "moi" va vouloir s'exprimer en réaction à cette société qui s'industrialise, se "collectivise", se "modernise", "s'universalise" ( à la suite des Lumières). Double mouvement, pas contradictoire : retour dans un passé plus ou moins mythifié (le XVI ème siècle de Hernani) ou détour par un ailleurs plus ou moins idéalisé (l'Amérique de Atala) et en même temps revendication d'une littérature pour le présent : Stendhal oppose le "classicisme" de Racine au " romanticisme" de Shakespeare (auteur fin XVIème) qui devient la figure tutélaire de la génération romantique. 

Une "sensibilité expressiviste " (Charles Taylor, 1998).

Expression d'une sensibilité individuelle, d'une "authenticité"  qui revendique sa singularité et cherche à s'épancher. Il s'agit de se connaître et "d'être soi-même". On voit combien notre époque moderne se situe dans la continuité de cette quête.

Le "moi" n'est pas "haïssable" (Pascal) : il est le coeur du lyrisme romantique.

Rousseau a ouvert la voie (sans le savoir) avec ses Confessions et Rêveries, et sa Nouvelle Heloïse (roman).

Bernardin de Saint-Pierre : Paul et Virginie (1788, un topos amoureux)

Puis : Chateaubriand (Mémoires d'Outre-tombe, René, Atala), Musset (Lorenzaccio, Nuits), Vigny (Chatterton, Poésies), Lamartine (Méditations), George Sand (une femme). C'est un mouvement européen, comme le fut l'humanisme : Byron, Keats, Goethe (Les souffrances du jeune Werther). Un peintre : Caspar David Friedrich (à voir !!). "Sturm und Drang" (tempête et passion);

Voir extraits et citations dans revue "Sémaphore" (doc) : "Orages désirés" (comme un "slogan" romantique).

Introspection, exacerbation de ce "moi" et aspiration à un idéal (amoureux ou politique) plus ou moins vivable dans un monde qui déçoit ou refoule (Chatterton), trop banal ou trop matérialiste.

Fuite... dans la mort (Werther), dans la nature (de nouveaux "paysages" valorisés), dans l'action désenchantée (Lorenzaccio, Hernani), la lecture (Emma Bovary), la solitude (repli sur l 'intime, "Roman" de Rimbaud), le rêve, l'imagination, le voyage, le dandysme (le noir comme couleur, ma vie est mon oeuvre). 

Quels genres littéraires ? La poésie (qui reste " classique"), l'autobiographie ("Confessions"), le théâtre (qui tente une "révolution" avec un nouveau genre : le "drame romantique"), le roman (centré sur la singularité d'un personnage et sa "psychologie" soit ""historique").

"Ecrire le moi" par le détour de personnages emblématiques (roman, théâtre) ou par l'exploration de soi-même (poésie, essais) dans la continuité de Montaigne et Rousseau.

Quel "héros" ? Tourmenté, déchiré, passionné, désespéré... l'ancêtre de nos "anti-héros" modernes.

Attention aux caricatures et au sens aujourd'hui réducteur ("fleur bleue").U

Trois  "cas" à part, entre romantisme et "réalisme" :

Stendhal : la chasse au bonheur, "l'égotisme" dans Le rouge et le noir et Vie de Henry Brulard...

Flaubert : Les "ravages" du romantisme dans Madame Bovary  et la déception dans L'éducation sentimentale. " "Madame Bovary, c'est moi" "Ce fut comme une apparition" (voir texte)

Baudelaire : une esthétique de la modernité dans Les fleurs du mal et Le spleen de Paris. " La rue assourdissante autour de moi hurlai". Entre "spleen" et "idéal".

Quoi de neuf après le romantisme ? Le bonheur est une idée vieille...

Une note d'humour... "Be yourself, everyone else is already taken" (Oscar Wilde)

Compléments :  - doc " la singularité du moi romantique" (Etonnants classiques)

                          - deux extraits de "Yoga" de Emmanuel Carrere, roman paru très récemment.

 

 

 

 

 

09/09/2020

HLP. Semaines 1 et 2.

La recherche de soi.

Approche globale

Question ancienne ? Détour par la période "avant" celle au programme.

La lente émergence d'un "moi"... Les obstacles à cette recherche...

Antiquité grecque

Le voyage d'Ulysse...récit initiatique. La quête de soi est une odyssée, un "parcours" semé d'embûches.

Oedipe (Sophocle) : un destin tragique lié à la recherche de son identité, de soi. Hubris. Est-il donc si dangereux d'aller à la recherche de soi ?  Une morale de la soumission ? Quelle liberté ?

Ovide (latin, 1ere siècle) Les métamorphoses : Narcisse et l'image (fatale) de soi.

Mais Socrate: "connais-toi toi même" ! La quête philo est une quête de soi : "Une vie sans examen ne vaut d'être vécue". L'injonction philo est peut-être le commencement de cette quête...

Antiquité romaine:

Les stoïciens, le souci de soi... Sénèque (1ere siècle), Marc-Aurèle (2ème siècle) : "Pensées pour moi-même". Ecouter ICI  Plotin (3eme siècle) : "Sculpte ta propre statue". 

Moyen-Age : l'homme "remis à sa place" par le pouvoir religieux. La théologie remplace la philosophie (mais St Augustin, St Thomas, Averroes... perpétuent le questionnement). Littérature épique (La chanson de Roland), littérature lyrique (Tristan et Iseult) restent tragiques et ne valorisent pas l'individu, soumis à des forces qui le dépassent (divines ou politiques ou passionnelles).

Le savoir est confisqué, cf Le nom de la Rose (U.Eco, JJ Annaud). On ne doit pas rire...

Pic de la Mirandole : "De la dignité de l'homme" ("aucune restriction ne te bride"). Prosopopée (Dieu parle) « Si nous ne t'avons donné, Adam, ni une place déterminée, ni un aspect qui te soit propre, ni aucun don particulier, c'est afin que la place, l'aspect, les dons que toi-même aurais souhaités, tu les aies et les possèdes selon ton vœu, à ton idée."

16ème siècle,

Montaigne, Les Essais. "car c'est moi que je peins" "Je suis moi même la matière de mon livre". "Avez vous sus méditer et manier votre vie ? Vous avez fait la plus grande besogne de toutes". Eloge de l'ordinaire."Notre grand et glorieux chef d'oeuvre c'est vivre à propos" "Faire bien l'homme et dûment".

Début du genre autobiographique (avec Saint Augustin et ses "Confessions").

L'humanisme place l'homme au centre et en fait la valeur absolue. Possibilité de voir émerger des "écritures du moi". L'homme a désormais son "libre-arbitre", n'est plus soumis à une fatalité implacable.

Voir aussi Erasme, Flandres, "Eloge de la folie"

Thomas More, Angleterre, "Utopia". La possibilité de penser d'autres gouvernements à travers la fiction d'une Cité idéale.

Léonard de Vinci "L'homme de Vitruve" . Image et explication à voir ICI.

Rabelais "Gargantua"... L'humour ! "Le rire est le propre de l'homme".

Renaissance : un homme nouveau ? Brueghel : La chute d'Icare  A voir ICI Et l'article Wikipedia.

17ème siècle.

La Monarchie totalitaire ("L'Etat, c'est moi") et l'individu écrasé par une fatalité sociale et une soumission religieuse. La reprise du genre tragique (Racine, Corneille) renouvelle l'expression de cette fatalité qui est aussi amoureuse (Phèdre). En même temps, début du roman psychologique (personnages plus complexes) avec Madame de la Fayette ( La Princesse de Clèves, La Princesse de Montpensier). Emergence d'un "moi" féminin (les Précieuses). Pascal reprend Montaigne mais dans le cadre d'un apologie de la religion. S'interroge sur ce "moi" et ses motivations ("un roi sans divertissement est un homme plein de misère") et globalement sur la condition de l'homme (l'homme entre deux infinis). Analyse des "ressorts" humains. La pensée sur "la chambre". Podcast à écouter ICI.

Les grandes comédies de Molière sont aussi une illustration de "la comédie humaine" qui présentent des "moi" affirmant leur singularité : le Misanthrope ("Moi, je veux me fâcher..."), Don Juan ("Pour moi la beauté me ravit partout où je la trouve...").

18ème.

La décadence progressive de la noblesse s'accompagne d'une libéralisation des moeurs. Les "libertins" revendiquent le droit à la transgression au nom de leur plaisir. L'écriture est une manière de revivre ce plaisir ("Mémoires" de Casanova). Jusqu'à l'excès et l'immoralité : Sade.

Le Figaro de Beaumarchais affirme le droit à être un individu reconnu et à trouver sa place dans la société. Monologue célèbre "Quel est ce moi dont je m'occupe ? ".

Voltaire le "libéral". Candide : récit initiatique ("il faut cultiver notre jardin') et conte philosophique.

Rousseau : tout ne prônant un nécessaire "contrat social" il ne cesse de rappeler sa singularité individuelle (les "Confessions", voir incipit) et de s'interroger sur son  "moi" ("Rêveries d'un promeneur solitaire"). L'expression de sa "sensibilité" annonce le romantisme qui en fera son précurseur.

La philosophie des Lumières. Kant : "Sapere aude" (ose te servir de ton propre entendement).

Recherche de nouveaux "genres" littéraires pour cette expression : au 19ème siècle ce seront le roman et la poésie.

Révolution : prise de pouvoir par la bourgeoisie. Saint-Just : "Le bonheur est une idée neuve".

C'était pourtant la préoccupation principale des philosophes de l'Antiquité...

Qu'y a-t-il donc de neuf... ?

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Complément : écouter le podcast  ICI.

J'ai enregistré ce doc audio pendant le "confinement" et en relation avec cette période particulière.

Réflexion philo à partir d'une des "Pensées" de Pascal, que l'on trouve aussi dans les recueils de littérature. Comme Montaigne, dont il reprend d'ailleurs de nombreuses reflexions, Pascal fait partie de ces auteurs dont l'oeuvre est "inclassable", à mi-chemin entre littérature et philo dont les frontières, nous l'avons vu, sont très perméables.