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16/09/2020

HLP Semaines 3 et 4

Les expressions de la sensibilité

 

La sensibilité romantique 

Ce qui est neuf, c'est la revendication d'un bonheur individuel...

Destin historique et aventure individuelle : l'épopée napoléonienne (transition avec le 19ème siècle).

La "Restauration" (retour de la Monarchie) : rien ne change ?

Quoi de neuf pour la jeune génération de ce début de siècle ?

Que faire face à ce "mal du siècle" ? Les romantiques font faire du "moi" la résistance à une fatalité historique et sociale. Ce "moi" va vouloir s'exprimer en réaction à cette société qui s'industrialise, se "collectivise", se "modernise", "s'universalise" ( à la suite des Lumières). Double mouvement, pas contradictoire : retour dans un passé plus ou moins mythifié (le XVI ème siècle de Hernani) ou détour par un ailleurs plus ou moins idéalisé (l'Amérique de Atala) et en même temps revendication d'une littérature pour le présent : Stendhal oppose le "classicisme" de Racine au " romanticisme" de Shakespeare (auteur fin XVIème) qui devient la figure tutélaire de la génération romantique. 

Une "sensibilité expressiviste " (Charles Taylor, 1998).

Expression d'une sensibilité individuelle, d'une "authenticité"  qui revendique sa singularité et cherche à s'épancher. Il s'agit de se connaître et "d'être soi-même". On voit combien notre époque moderne se situe dans la continuité de cette quête.

Le "moi" n'est pas "haïssable" (Pascal) : il est le coeur du lyrisme romantique.

Rousseau a ouvert la voie (sans le savoir) avec ses Confessions et Rêveries, et sa Nouvelle Heloïse (roman).

Bernardin de Saint-Pierre : Paul et Virginie (1788, un topos amoureux)

Puis : Chateaubriand (Mémoires d'Outre-tombe, René, Atala), Musset (Lorenzaccio, Nuits), Vigny (Chatterton, Poésies), Lamartine (Méditations), George Sand (une femme). C'est un mouvement européen, comme le fut l'humanisme : Byron, Keats, Goethe (Les souffrances du jeune Werther). Un peintre : Caspar David Friedrich (à voir !!). "Sturm und Drang" (tempête et passion);

Voir extraits et citations dans revue "Sémaphore" : "Orages désirés" (comme un "slogan" romantique)

Introspection, exacerbation de ce "moi" et aspiration à un idéal (amoureux ou politique) plus ou moins vivable dans un monde qui déçoit ou refoule (Chatterton), trop banal ou trop matérialiste.

Fuite... dans la mort (Werther), dans la nature (de nouveaux "paysages" valorisés), dans l'action désenchantée (Lorenzaccio, Hernani), la lecture, la solitude (repli sur l 'intime), le dandysme (le noir comme couleur, ma vie est mon oeuvre). 

Quels genres littéraires ? La poésie (qui reste " classique"), la théâtre (qui tente une "révolution"), le roman (centré sur la singularité d'une personnage et sa "psychologie").

"Ecrire le moi" par le détour de personnages emblématiques (roman, théâtre) ou par l'exploration de soi-même (poésie, essais) dans la continuité de Montaigne et Rousseau.

Quel "héros" ? Tourmenté, déchiré, passionné, désespéré... l'ancêtre de nos "anti-héros" modernes.

Attention aux caricatures et au sens aujourd'hui réducteur ("fleur bleue").U

Trois  "cas" à part, entre romantisme et "réalisme" :

Stendhal : la chasse au bonheur, "l'égotisme" dans Le rouge et le noir et Mémoires d'Henry Brulard...

Flaubert : Les "ravages" du romantisme dans Madame Bovary  et la déception dans L'éducation sentimentale. 

Baudelaire : une esthétique de la modernité dans Les fleurs du mal et Le spleen de Paris.

Quoi de neuf après le romantisme ? Le bonheur est une idée vieille...

Une note d'humour... "Be yourself, everyone else is already taken" (Oscar Wilde)

 

 

09/09/2020

HLP. Semaines 1 et 2.

La recherche de soi.

Approche globale

Question ancienne ? Détour par la période "avant" celle au programme.

La lente émergence d'un "moi"... Les obstacles à cette recherche...

Antiquité grecque

Le voyage d'Ulysse...récit initiatique. La quête de soi est une odyssée, un "parcours" semé d'embûches.

Oedipe (Sophocle) : un destin tragique lié à la recherche de son identité, de soi. Hubris. Est-il donc si dangereux d'aller à la recherche de soi ?  Une morale de la soumission ? Quelle liberté ?

Ovide (latin, 1ere siècle) Les métamorphoses : Narcisse et l'image (fatale) de soi.

Mais Socrate: "connais-toi toi même" ! La quête philo est une quête de soi : "Une vie sans examen ne vaut d'être vécue". L'injonction philo est peut-être le commencement de cette quête...

Antiquité romaine:

Les stoïciens, le souci de soi... Sénèque (1ere siècle), Marc-Aurèle (2ème siècle) : "Pensées pour moi-même". Ecouter ICI  Plotin (3eme siècle) : "Sculpte ta propre statue". 

Moyen-Age : l'homme "remis à sa place" par le pouvoir religieux. La théologie remplace la philosophie (mais St Augustin, St Thomas, Averroes... perpétuent le questionnement). Littérature épique (La chanson de Roland), littérature lyrique (Tristan et Iseult) restent tragiques et ne valorisent pas l'individu, soumis à des forces qui le dépassent (divines ou politiques ou passionnelles).

Le savoir est confisqué, cf Le nom de la Rose (U.Eco, JJ Annaud). On ne doit pas rire...

Pic de la Mirandole : "De la dignité de l'homme" ("aucune restriction ne te bride"). Prosopopée (Dieu parle) « Si nous ne t'avons donné, Adam, ni une place déterminée, ni un aspect qui te soit propre, ni aucun don particulier, c'est afin que la place, l'aspect, les dons que toi-même aurais souhaités, tu les aies et les possèdes selon ton vœu, à ton idée."

16ème siècle,

Montaigne, Les Essais. "car c'est moi que je peins" "Je suis moi même la matière de mon livre". "Avez vous sus méditer et manier votre vie ? Vous avez fait la plus grande besogne de toutes". Eloge de l'ordinaire."Notre grand et glorieux chef d'oeuvre c'est vivre à propos" "Faire bien l'homme et dûment".

Début du genre autobiographique (avec Saint Augustin et ses "Confessions").

L'humanisme place l'homme au centre et en fait la valeur absolue. Possibilité de voir émerger des "écritures du moi". L'homme a désormais son "libre-arbitre", n'est plus soumis à une fatalité implacable.

Voir aussi Erasme, Flandres, "Eloge de la folie"

Thomas More, Angleterre, "Utopia". La possibilité de penser d'autres gouvernements à travers la fiction d'une Cité idéale.

Léonard de Vinci "L'homme de Vitruve" . Image et explication à voir ICI.

Rabelais "Gargantua"... L'humour ! "Le rire est le propre de l'homme".

Renaissance : un homme nouveau ? Brueghel : La chute d'Icare  A voir ICI Et l'article Wikipedia.

17ème siècle.

La Monarchie totalitaire ("L'Etat, c'est moi") et l'individu écrasé par une fatalité sociale et une soumission religieuse. La reprise du genre tragique (Racine, Corneille) renouvelle l'expression de cette fatalité qui est aussi amoureuse (Phèdre). En même temps, début du roman psychologique (personnages plus complexes) avec Madame de la Fayette ( La Princesse de Clèves, La Princesse de Montpensier). Emergence d'un "moi" féminin (les Précieuses). Pascal reprend Montaigne mais dans le cadre d'un apologie de la religion. S'interroge sur ce "moi" et ses motivations ("un roi sans divertissement est un homme plein de misère") et globalement sur la condition de l'homme (l'homme entre deux infinis). Analyse des "ressorts" humains. La pensée sur "la chambre". Podcast à écouter ICI.

Les grandes comédies de Molière sont aussi une illustration de "la comédie humaine" qui présentent des "moi" affirmant leur singularité : le Misanthrope ("Moi, je veux me fâcher..."), Don Juan ("Pour moi la beauté me ravit partout où je la trouve...").

18ème.

La décadence progressive de la noblesse s'accompagne d'une libéralisation des moeurs. Les "libertins" revendiquent le droit à la transgression au nom de leur plaisir. L'écriture est une manière de revivre ce plaisir ("Mémoires" de Casanova). Jusqu'à l'excès et l'immoralité : Sade.

Le Figaro de Beaumarchais affirme le droit à être un individu reconnu et à trouver sa place dans la société. Monologue célèbre "Quel est ce moi dont je m'occupe ? ".

Voltaire le "libéral". Candide : récit initiatique ("il faut cultiver notre jardin') et conte philosophique.

Rousseau : tout ne prônant un nécessaire "contrat social" il ne cesse de rappeler sa singularité individuelle (les "Confessions", voir incipit) et de s'interroger sur son  "moi" ("Rêveries d'un promeneur solitaire"). L'expression de sa "sensibilité" annonce le romantisme qui en fera son précurseur.

La philosophie des Lumières. Kant : "Sapere aude" (ose te servir de ton propre entendement).

Recherche de nouveaux "genres" littéraires pour cette expression : au 19ème siècle ce seront le roman et la poésie.

Révolution : prise de pouvoir par la bourgeoisie. Saint-Just : "Le bonheur est une idée neuve".

C'était pourtant la préoccupation principale des philosophes de l'Antiquité...

Qu'y a-t-il donc de neuf... ?

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Complément : écouter le podcast  ICI.

J'ai enregistré ce doc audio pendant le "confinement" et en relation avec cette période particulière.

Réflexion philo à partir d'une des "Pensées" de Pascal, que l'on trouve aussi dans les recueils de littérature. Comme Montaigne, dont il reprend d'ailleurs de nombreuses reflexions, Pascal fait partie de ces auteurs dont l'oeuvre est "inclassable", à mi-chemin entre littérature et philo dont les frontières, nous l'avons vu, sont très perméables.